Fabio, mes solutions contre les troubles de l’érection.

Passé 40 ans, un homme sur trois se plaint de troubles de l’érection et chez les plus jeunes, la course à la performance peut conduire à se poser la question. Dans tous les cas, il y a des solutions et c’est l’objet de ce bavardage. Nous rencontrons Fabio qui est à la tête de hotmassagegay.com, coach sexuel et expert en sexualité masculine pour avoir des solutions contre ces troubles. Vous pouvez aussi retrouver l'interview de Fabio dans son intégralité en vidéo.

Stéphan. Tout d'abord, précise-nous un peu comment fonctionne une érection et du coup les troubles en question.

 

Fabio. L’érection, c’est la traduction du désir. Il y a tout d‘abord la libido, un message s’opérant dans le cerveau qui se traduit par un phénomène physique qui est l’afflux sanguin dans la verge. Cet afflux crée l’érection qui permet d’assouvir son désir. C’est un fonctionnement naturel, purement mécanique qui se passe très bien dès que l’on est en âge d’avoir une sexualité. En vieillissant, c’est moins spontané et il faut que le désir soit être encore plus grand pour que cela fonctionne. Il arrive qu’au moment où l’on souhaite assurer, l’érection ne soit pas là ou plus grave, qu’il y ait une perte de libido. C’est à dire que le désir n’est pas suffisant pour avoir une érection. Entre deux érections, il y a également un temps de récupération plus important. On en parle beaucoup pour les hommes à partir de 40 ans, mais c’est tout au long de la vie que cela diminue. Certains, mais ils sont rares, connaissent aussi ces problèmes très jeune.

 

 

S. Il faudrait donc se faire une raison et se dire qu’il est normal en vieillissant de ne plus avoir d’érection matinale ?

 

F. Dame Nature nous a fait pour être en âge de se reproduire à l’âge de 20 ans et plus trop à l’âge de 50. Mécaniquement, cela fonctionne moins bien et c’est normal. C’est aussi lié au fait qu’en vieillissant le désir sexuel est plus difficile à obtenir. On n’est plus dans la surprise des premiers émois que l’on a à 20 ans. Avec l’expérience acquise, il va falloir renouveler en permanence sa sexualité pour atteindre le même niveau d’excitation. Maintenant, par rapport à cette perte de désir et sa traduction physique qu’est l’érection, ce n’est pas le seul facteur qui influe. Il y a également le manque de confiance en soi, le stress quotidien, le mode de vie, des maladies comme le diabète, l’hypertension ou des maladies cardio vasculaires. Tout cela agit négativement car le corps se fatigue et par conséquence l’esprit aussi. L’érection étant lié aux deux, sa qualité est forcément impactée.

 

 

S. Concernant le mode de vie, on peut évoquer le surpoids, l’excès d’alcool, le manque d’exercice, le tabagisme et les drogues douces qui se sont beaucoup développées.

 

F. Les drogues douces vont enlever une inhibition ou baisser le niveau de stress qui sont des éléments impactant négativement l’érection. Par contre, vu qu’elles agissent directement sur le cerveau et crée un état de bien-être euphorique où les messages sont plus flous, il y a une mauvaise connexion entre l’esprit et le physique, ce qui perturbe l’érection. Il faut aussi savoir que le cannabis agit sur le cerveau et va le contenter en tant que tel, ce qui rend la mécanique physique secondaire. Cela endort et fatigue également, or l’érection est avant tout de l’énergie et cela ne fonctionne pas si l’on s’endort. En fait, les drogues douces dénaturent le mécanisme normal qui est l’excitation dans l’esprit qui se traduit physiquement par l’érection. Elles ne les favorisent donc pas.

 

 

S. L’aspect psychologique est également très important. De légers troubles d’érection passagers peuvent conduire à une perte de confiance, du stress par rapport à l’acte et aggraver le trouble initial. C’est souvent une spirale négative.

 

F. C’est le phénomène de la focalisation que nous avions déjà abordé sur les problèmes d’éjaculation précoce. Plus l’on se dit que l’on ne va pas y arriver, plus on est sûr de ne pas y parvenir. Les cas les plus fréquents sont ceux qui sont très excités pendant les préliminaires, puis au moment de la pénétration débandent car le cerveau a en mémoire qu’à ce moment là, il y a déjà eu un dysfonctionnement et de la honte. Le message entre le désir et sa traduction mécanique est cassé car on passe dans un autre registre : celui de la contrainte et du stress. Pour ceux qui ont des troubles d’érection ponctuels, ce problème émotionnel de confiance en soi est très caractéristique.  

 

 

S. Si les troublent durent depuis longtemps et que l’on n’a jamais été traité, est-ce que cela veut dire que c’est trop tard car les habitudes sont prises ?

 

F. Ce n’est jamais trop tard, mais le corps et le subconscient fonctionnent en effet par habitude. Donc plus on aura laissé passé du temps sans traiter le problème, plus il sera difficile d’en sortir. En plus, le trouble alimente le trouble, donc cela ne peut que s’aggraver. Il est bien sûr possible de s’en sortir et se battre contre des clichés que l’on a sur soi même.

 

 

S. Il nous faut parler des solutions. La première venant à l’esprit, c’est la pilule bleu qui a révolutionné dès 1998 la vie sexuelle des seniors : le viagra. Il en existe d’autres comme Cialis ou le Levitra qui parait-il est 10 fois plus puissant ou le Spedra plus récent. Est-ce que cela fonctionne et est-ce la solution au problème ?

 

F. Ce n’est pas comme cela que cela se passe. Ces pilules sont des médicaments qui sont là pour régler un problème médical. Lorsque les troubles d’érection ont une origine médicale, physique ou mentale, cela fonctionne. Quand on va les utiliser pour faciliter les choses, parce qu’on a une absence de désir, on peut avoir un effet mécanique mais il y a un risque derrière d’effet secondaire comme avec tous les médicaments. Il y a des nausées, vomissements mais aussi des dépressions ou des problèmes cardiaques, ce qui est beaucoup plus grave que ce  que l’on essayait de corriger au départ. En plus, cela ne fonctionnera pas dans tous les cas et souvent même cela ne marche pas trop la première fois. Le viagra facilite le message donné par le cerveau en afflux sanguin vers la verge et donc l’érection. Si le message est rompu au niveau du cerveau car on est en conflit intérieur, le viagra ne permettra pas d’améliorer les choses. Donc ces médicaments sont utiles si un médecin l’estime mais il ne faut pas jouer avec cela.

 

 

S. Si l’on veut tout de même essayer et que l’on ne veut pas aller voir son médecin pour cela, est-ce que l’on peut acheter les médicaments en ligne ? Ils sont disponibles sur des sites étrangers sous la même appellation, donc cela doit être la même formule.

 

F. Il ne faut surtout pas essayer d’aller s’approvisionner sur des sites internet étrangers. On ne connaît pas les composants réels et on ne sait pas vraiment d’où ils viennent. Cela pourrait avoir été mélangé à des substances bon marché qui peuvent être nocives ou sans effet. En plus, à cause de pilules inefficaces, on pourrait se mettre à douter encore plus de ses capacités et s’enfoncer dans une spirale négative alors que c’était juste l’efficacité de la pilule qui est en cause. Au final, le risque est trop grand par rapport au bénéfice que l’on peut en avoir. Il n’est pas facile d’en parler à son médecin, mais il faut se forcer et dès qu’on est décidé à parler, tout devient subitement plus facile.

 

 

S. L’autre option est d’acheter les pilules en vente dans les sex-shops sans ordonnance comme Maxi-men par exemple. Ce sont des produits différents avec une érection qui n’est plus liée à l’excitation mais qui est purement mécanique. Pas toujours très pratique, mais cela semble efficace… Qu’en est-il ?

 

F. Ces produits en vente libre ne sont pas des médicaments. Ils sont souvent vendus dans un contexte érotique, donc il y a un effet placébo qui va commencer à faire bouger les choses. En fait, il s’agit de compléments alimentaires très concentrés en ingrédients qui boostent le circuit sanguin et permettent donc d’améliorer l’érection. Si l’on est sur un problème d’ordre psychologique, cela ne fonctionnera pas, mais si l’on est dans un moment de fatigue, cela aura de bons résultats même si cela ne restaure pas le désir. Par contre, l’érection viendra hors contexte de façon mécanique ce qui peut être gênant. Autre point négatif, on ne débandera pas après avoir éjaculé, ce qui donne un côté pas très naturel que votre partenaire risque de remarquer. Il ne faut pas trop en consommer car c’est comme de la caféine en grande quantité et cela risque de trop solliciter le cœur. C’est par contre, une bonne option pour obtenir des résultats.

 

 

S. Les strip-tease ou acteurs porno semblent utiliser des injections de produits vasodilatateurs dans la verge… Si l’on se sent capable de se faire une injection, est-ce que cela fonctionne ?

 

F. Cela semble effrayant de se faire une piqure dans la verge pour faire une injection mais cela ne fait pas mal. Ce n’est pas une zone douloureuse même si elle est très sensible sexuellement parlant. Par contre, les vasodilatateurs sont un médicament qui vont provoquer une érection purement mécanique. Ils ont été conçus pour les personnes qui n’ont plus de nerf érectile suite à une opération de la prostate.  Ces derniers peuvent ainsi avoir une érection qui sera très mécanique et hors contexte sexuel. Elle sera plus ou moins forte en fonction de la présence de désir ou pas. Cela doit vraiment rester une aide dans ces cas là et non pas venir juste booster ses rapports sexuels. Il faut savoir que cela peut être douloureux d’avoir une érection sans désir ; on prend aussi le risque d’avoir une érection permanente et se retrouver aux urgences si la verge ne redescend pas ; enfin, on risque de se déshabituer du fonctionnement logique d’un désir qui conduit à l’érection. En cas d’arrêt de l’utilisation, le risque est de plus parvenir à bander naturellement.

 

 

S. Il y a aussi les pompes à vides qui permet au pénis de se remplir de sang et donc d’avoir une belle érection. Elles doivent être utilisées juste avant le rapport, ce n’est pas très discret.

 

F. Quelque chose de très voyant doit être intégré dans le jeu sexuel. C’est une sensation très étrange avec un système de dépression à l’intérieur qui marche assez bien. Cela peut être très marrant et il est clair que le fait d’avoir des jeux érotiques renforce l’excitation. C’est la même idée que pour les solutions à l’éjaculation précoce : tout ce qui est de l’ordre du jeu avec le partenaire et intégré dans le jeu érotique est très positif. A contrario, être seul dans son coin et se sentir coupable de ne pas y arriver crée une spirale négative. Il faut par contre savoir que cela ne fonctionnera pas s’il y a un souci émotionnel et une rupture entre désir et érection.

 

 

S. Dans le même ordre idée, l’utilisation d’un cockring semble bloquer la circulation de sang et bien maintenir l’érection. Là, l’idée est plus de prolonger ou durcir une érection existante…

 

F. Cela fait partie de la même idée avec un jeu érotique. Le cockring est un accessoire en cuir avec des boutons de pression, un simple lacet ou des anneaux. Ils sont également considérés comme des bijoux par beaucoup aujourd’hui. Il est mis à la base de la verge avant qu’elle soit en érection, puis l’afflux sanguin arrivant est retenu dans la verge puisque la largeur à la base ne bouge pas. Cela va avoir l’effet de bien durcir l’érection voire de la prolonger par un effet entonnoir. Par contre, cela ne donnera pas d’érection si elle n’existe pas au départ. En cas de douleur à cause de la pression, il est très facile de le retirer, même si c’est un anneau, en pressant la base. Sans aucun accessoire, le « geste cockring » peut aussi aider eux qui ont une érection correcte pendant les préliminaires puis ramollissent au moment de la pénétration. Dans ces cas là, avec trois doigts, le fait de srrer la base de la verge pour retenir le sang, peut permettre en la durcissant de démarrer la pénétration. Une fois démarrée, la confiance revient souvent et l’érection est là naturellement.

 

 

S. Est-ce qu’il y a d’autres méthodes plus naturelles qu’une pilule ou une injection pour favoriser l’érection ?

 

F. En fait, c’est toujours l’éternelle question de se demander si l’on utilise une béquille pour marcher ou si l’on essaie de comprendre pourquoi on ne marche pas et réapprendre à marcher. Viagra, Maximen, injections, cockring… sont de l’ordre de la béquille. Il est important de regarder au fond de soi pour mieux comprendre ce qui se passe et crée le trouble. Il faut déjà accepter qu’en vieillissant les érections ne viennent pas aussi facilement et que l’on ne soit pas 2h en érection d’affilé parce que l’on est avec son partenaire. Après, pendant l’acte sexuel, il n’est pas très important de maintenir son érection sans cesse. Il y a des moments où elle n’est pas utile. Du moment que l’on ne focalise plus sur le fait que l’on va devoir  être en érection au bon moment, celle ci fonctionne beaucoup mieux. Plus on y pense, moins ça marche. Si l’on pense que le plus important est d’être bien, de prendre du plaisir avec son partenaire et de faire attention à lui, on oubliera cette obligation d’arriver à bander. Assez naturellement, l’érection reviendra.

 

 

S. Il n’en demeure pas moins que certains problèmes d’érection correspondent à de vrais problèmes physique. Dans ces cas là, il faut consulter.

 

F. En effet, il peut y avoir des problèmes de prostate qui est un organe qui s’abime avec l’âge. Or c’est l’organe principal sexuel masculin, donc l’érection qui en découle va en souffrir. Une fois que ce problème est traité, cela reste un traumatisme et cela fonctionne moins bien. Ce n’est pas irrémédiable mais l’ablation de la prostate rester un handicap qui peuvent se gérer avec les injections dont nous avons parlé. Là, le médecin doit vraiment accompagner et expliquer le problème qu’il y aura derrière.

 

 

S. Les solutions, c’est donc d’accepter le fait que l’érection n’est pas censé être là en permanence, ne pas rester obsédé par le sujet et se décontracter. Il faut donc mieux écouter son corps et le massage aide à cela.

 

F. Cela représente facilement 80% des causes des troubles de l’érection. Plus on arrive à défocaliser et se détendre, mieux cela fonctionne. Le massage est pour cela la voie royale, qu’on le pratique avec un professionnel comme je le fais ou qu’on apprenne à le faire pour ensuite le pratiquer dans son couple. C’est un moyen de trouver d’autres chemins du plaisir autre que l’érection et le simple fait de défocaliser conduit au retour de l’érection. Je fais aussi avec Hotmassagegay.com des massages spécifiques dont l’idée consiste à prendre compte la globalité de la personne et pas seulement son problème d’érection. Souvent, il s’agit de la conséquence d’un problème plus profond et il faut réussir à se retrouver soi même avec ses émotions. Le massage va nous placer dans une situation de bien être et le basculement du mal être lié au trouble sera possible grâce à certains gestes et techniques adaptées. Il y a des paliers du plaisir à redécouvrir avec l’ensemble des zones érogènes et cela va conduire à faire revenir, sans que l’on ait besoin d’y penser, l’érection. Dans un contexte de plaisir et de bien être, cela fonctionne à nouveau et c’est vraiment le principe de mes séances.

 

 

S. Est-ce que cela va prendre beaucoup de temps à revenir ?

 

F. Pour ceux qui ont subi une ablation de la prostate, le travail sera plutôt de retrouver le plaisir par d’autres chemins que l’érection. Pour les autres, c’est généralement très rapide. Cela dépend bien sûr de la nature et de la profondeur du blocage, mais une personne qui accepte de s’ouvrir, de lâcher prise et qui a vraiment envie de débloquer la situation, est assurée de régler son problème si elle se fait aider. Du moment que l’érection devient moins essentielle dans le rapport sexuel, elle revient tout naturellement. C’est ce que j’ai constaté avec ceux qui ont fait les séances et qui ont ainsi pu se retrouver et ne plus angoisser pour un problème d’érection.