Hamid, en prison au Maroc pour homosexualité

Hamid était un jeune gay qui s’assumait pleinement jusqu’à ce que la mort d’un de ses amis gay le conduise à un commissariat puis à la case prison à cause de sa seule homosexualité. Etre gay au Maroc est interdit et les policiers font du zèle. Avec beaucoup d’émotion et de douceur dans la voix, Hamid revient sur cet événement qui a bouleversé sa vie. Il témoigne pour passer à autre chose, contre un code pénal et un système qui oppresse les gays. Les touristes LGBT cherchent souvent à rencontrer des garçons, sans trop se rendre compte ce qu’ils encourent. Bavardage avec Hamid qui nous ouvre les yeux.

 

 

Stéphan. Le code pénal marocain stipule que l’homosexualité est interdite. Pourtant, elle est très présente et Marrakech fait partie des destinations prisées par les LGBT.

 

Hamid. Les Marocains sont très accueillants mais ils sont aussi très hypocrites. Des gays, il y en a de partout, mais personne ne l’assume et beaucoup les condamnent. C’est un véritable problème de mentalité. Non seulement, c’est interdit par la loi mais en plus, les marocains se déchainent en commentaires anti-gay sur les réseaux sociaux. Depuis un an, il y a eut pas mal d’arrestations et tous les commentaires sur le fait d’emprisonner des gays étaient vraiment dégueulasses. Si t’es discret et que personne ne sait, c’est ok. Sinon, tu assumes, exploses et tu te mets tout le monde à dos.

 

 

S. Dans quelles circonstances as tu été arrêté à cause de ton homosexualité ?

 

H. Je suis allé au commissariat déclarer la disparition d’un ami gay français puis je suis rentré chez moi. J’ai été convoqué le lendemain car ils avaient trouvé son meurtrier. C’était un Marocain de 21 ans qui vivait en couple avec lui depuis 5 ans. Il leur a dit que mon ami le violait et le tabassait, ce qui était faux. Il avait aussi raconté aux policiers nos soirées entre potes, nos plans et les gens que l’on côtoyait. Les policiers ont pris mon téléphone, regardé les deux milles photos que j’avais dessus et tout imprimé. J’étais modèle et avais plein de photos professionnelles dont certaines nues mais tout seul et vraiment artistiques. A ce moment là, ils m’ont demandé si j’étais gay et j’ai dit oui tout naturellement, parce que je ne pensais pas faire quelque chose de mal. Il y a plein de gens dans la rue qui l’étaient et le sont encore…

 

 

S. En fait tu ne connaissais pas cette loi interdisant l’homosexualité au Maroc ?

 

H. Je savais qu’il était interdit d’être gay, mais je pensais qu’il fallait être arrêté en train de coucher avec un mec, d’embrasser quelqu’un dans la rue, de se prostituer ou d’être ultra folle, too much pour la société et créer une sorte de trouble à l’ordre public. Là, il n’y a rien eut de tout cela. J’étais là pour dénoncer un crime, j’ai juste assumé le fait d’être gay et je n’aurai jamais imaginé que l’on pouvait être emprisonné pour cela. Moi comme mon ami français étions considérés comme les méchants pervers puisque nous étions gay. Les policiers étaient du côté du tueur dans le sens ou ils trouvaient qu’il avait bien fait de tabasser ce connard qui était un malade pervertissant les Marocains. La justice l’a condamné à 25 ans de prison, car même si les policiers approuvaient la chose, ils ne changent pas les lois et il y a eut assassinat. Mais d’emblée il était le gentil et moi le méchant. Au Maroc, la femme n’a pas son mot à dire, mais le gay est considéré comme un  malade pervers. D’ailleurs, ils ne font aucune différence entre gay et pédophile. 

 

 

S. Comment le contact avec les policiers s’est-il déroulé ?

 

H. J’ai été mis en garde à vue pendant 72 heures dans de grandes pièces sous le commissariat. Les policiers m’ont directement dit que si je parlais au tueur, ils allaient me casser la gueule, puis ils m’ont montré une chambre et dit de ne pas bouger de là. Ils étaient moqueurs et méchants avec une réaction très macho. Certes, ils l’étaient avec tous les prévenus car pour eux, une loi n’a pas été respectée, mais j’avais l’impression qu’ils étaient très contents d’avoir mis la main sur moi et allaient me faire payer d’être gay. L’ambiance était très stressante car je ne savais pas ce qui allait se passer. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi j’étais là. 

 

 

S. Pour passer devant le juge, tu devais avoir un avocat. On parle aussi beaucoup de pot de vins pour réduire les peines.

 

H. Ma mère a été prévenue par mes amis et a payé un avocat qui a refusé le dossier car il ne voulait pas prendre de risque avec une affaire en lien avec  l’homosexualité et des questions de liberté individuelle. Comme elle a peu de moyens, mes amis avaient fait une petite caisse. J’ai bossé dans la mode à Marrakech, alors je connais pas mal de monde. Du moment où tout le monde a su que j’étais dans le pétrin, ils l’ont tous appelé et cela a permis de récolter de l’argent. En plus des 2000 euros de l’avocat, il y a eut 250 000 dirhams versés à un homme qui devait le donner de l’argent au juge pour que cela soit rapide et que j’ai une petite peine. Cela a permis de faire un mois au lieu de 3, mais il s’est mal comporté et faisait du chantage à ma mère et mes amis, leur disant que j’allais crever en prison s’ils ne donnaient pas plus d’argent.

 

 

S. Comment s’est passé le passage devant le juge ?

 

H. Le passage devant le procureur du Roi s’est fait dans un bureau du tribunal. Je l’ai vu deux fois ; la première pour prolonger mon séjour en garde à vue et dissocier mon dossier de celui du tueur, et la deuxième étudier mon dossier.  On m’a beaucoup posé des questions très privées pour savoir si j’étais passif ou actif par exemple. J’étais gêné  et leur demandais pourquoi ils voulaient savoir ce genre de chose puisque cela ne servait à rien dans l’affaire du meurtre de mon ami. C’était personnel, je n’avais pas envie d’en parler. Ils m’ont demandé si j’étais allé voir un médecin et je leur ai dit que j’y allais tous les six mois. En fait je parlais de test sida et eux parlaient de psychiatre pour me soigner. J’ai compris qu’ils n’étaient pas du tout dans le même état d’esprit que moi et que je m’enfonçais de plus en plus. Donc je n’ai plus rien dit. J’étais sûr d’être libéré car ils n’ont trouvé aucune preuve dans mon téléphone sur le fait que j’ai eu des comportements gay.

 

 

S. Et pourtant, tu vas être conduit à la prison dans les heures qui suivent.

 

H. Ils m’ont dit de m’asseoir dans une pièce et d’attendre. En fin de journée, un policier m’a menotté et envoyé dans une voiture. Je monte dedans, je regarde les autres, je me regarde, j’étais un peu surpris, je ne savais pas quoi faire, pas quoi dire, et je leur demande où l’on va. Un des mecs me regarde et me dit qu’on allait en prison. J’ai pris le putain de coup de ma vie. Un gentil garçon m’a prêté son téléphone et j’ai appelé ma mère qui m’a dit que je verrai le juge le lundi matin et qu’elle cherchait un avocat. Personne ne voulait prendre le dossier et l’association des Droits de l’Homme à Rabat nous en a conseillé un qui a pris 2000 euros sans jamais plus de nouvelles par la suite. Ma mère et mes amis ne savaient plus que faire. Moi, je ne comprenais rien. Le lundi matin, un mec est venu à la porte de la cellule, m’a demandé de le suivre et me voici menotté dans la voiture en direction du tribunal. Il y avait pleins de mecs et nous passions tous un par un à l’appel de notre nom. Le juge ne m’a même pas regardé et a prononcé mon nom, numéro de dossier et reporté à une autre semaine son verdict.  En fait, le procureur du Roi a jugé que je devais faire de la prison et lui devait en préciser la durée. Je suis retourné à la prison.

 

 

S. Comment se passe ton arrivée en prison ?

 

H. J’ai été mis dans une salle et j’ai attendu longuement. Je n’y croyais pas et pensais que c’était un cauchemar dont j’allais me réveiller. Quand est venu mon tour, un gardien m’a indiqué que j’étais condamné d’homosexualité et demandé si c’était bien le cas, puis il m’a conduit dans une petite chambre où j’ai du enlever mes vêtements. Il a tout vérifié, même mes chaussures dont les lacets étaient retirés, et m’a demandé de m’assoir nu pour voir si je n’ai pas caché un truc dans mon anus. Il m’a dit de me rhabiller, de le suivre et a indiqué à un autre gardien que j’étais dans une cellule dont je n’avais pas compris le nom. L’autre m’a demandé pourquoi j’étais là et lui ai raconté toute l’histoire. Il ne comprenait pas que je sois allé voir la police et avait entendu parlé de l’affaire de ce Français mort. Il s’est montré compréhensif et m’a conduit à la cellule dont il a appelé le chef. Celui ci c’est présenté et m’a souhaité la bienvenue.

 

 

S. La cellule spéciale où l’on tu as été mis était une cellule réservé aux homosexuels. Cela a un côté rassurant vu que tu étais ainsi préservé de l’homophobie des autres codétenus. Comment est-ce que cela s’est passé ?

 

H. C’est en entrant dans la cellule que j’ai vu que c’était une cellule réservée aux gays mais l’accueil a été très spécial. Il y avait trois mecs complètement folles en haut d’un lit superposé, avec des sourcils très épilés et un maquillage très vulgaire. Ils m’ont interpellé avec des grands « saaaaaluuuûûût » et une invitation à les rejoindre. En fait, ils étaient tous là pour d’autres délits en plus de leur homosexualité. Les uns parce qu’ils faisaient le tapin, d’autres étaient ultra efféminés, bourrés dans la rue et avaient troublé l’ordre public ; il y avait un mec qui faisait des cambriolages et les policiers ont trouvé des photos gay dans son téléphone ; un autre avait tué son mec ; il y avait aussi celui qui travaillait chez un couple de Français et couchait avec le mari avant d’être dénoncé par la nana qu’ils avaient tenté de spolier…Il y en a un qui a été surpris chez lui avec son copain suite à l’appel d’un voisin. Ils l’ont arrêté lui mais pas le copain, car c’était un Français qui a pu donner de l’argent et s’en sortir. Le Marocain était resté en prison. Je ne juge personne, chacun fait ce qu’il veut, mais moi, à cette époque là, ce mélange de gens très spéciaux, m’a vraiment choqué. C’était un monde que je ne connaissais pas et des gens dont j’ignorais l’existence. Et puis, on était 12 pour seulement 6 lits, il y avait une réelle promiscuité et ils étaient très méchants et vicieux entre eux. Ils se bagarraient sur des malentendus et par ennui. Les peines allaient de quelques mois à 25 ans. Il faisait très chaud, il n’y avait aucune intimité, c’était invivable. 

 

 

S. La vie dans la cellule était donc si agitée que cela ? Avec un telle promiscuité, as tu été forcé d’y avoir des relations sexuelles ?

 

H. C’était interdit d’avoir des relations sexuelles et je me suis fait respecter dès le départ. Si l’un d’entre eux avait essayé, je l’aurai grillé directement auprès des gardiens et il aurait risqué une sanction plus grave. Il n’y a pas eu d’incident particulier par rapport à moi car je parlais très rarement. Ma mère m’avait ramené mon ipad, ma musique et des livres. J’étais complètement dans mon petit monde. Mes écouteurs laissaient passer les hurlements mais je ne cherchais pas à savoir. Je ne voulais pas m’en mêler et lorsqu’on me demandait mon avis, je disais que je ne savais pas, que je n’avais pas compris ou que je n’avais pas entendu. Souvent j’angoissais, par rapport à ce que je pouvais dire ou ce que j’avais dit à l’un ou l’autre. J’ai essayé de ne blesser personne. En fait, j’étais tout le temps stressé et ne dormais presque pas car il y avait deux autres personnes dans le lit. Parfois j’allais passer une partie de la nuit par terre. J’ai aussi été malade les deux premières semaines avec un violent mal de tête. Les gardiens m’ont donné un doliprane tous les trois jours, cela n’a pas beaucoup aidé. Pendant les bagarres, qui étaient d’une très grande violence, ils se mettaient tous sur une personne à chaque fois. Je me demandais ce que je faisais là et espérais me réveiller, sortir de ce cauchemar. Tous les jours, j’appelais ma mère qui tentait de me rassurer et m’indiquait qu’elle faisait tout pour m’en sortir. Une fois par semaine, j’ai reçu sa visite mais pas celle d’amis car ce n’était pas autorisé.

 

 

S. Dans toute la prison, il n’y avait qu’une cellule pour les gays. Les gardiens faisaient attention de ne pas vous mélanger aux autres ?

 

H. Les gays sont considérés comme des malades. Lors des pauses quotidiennes, 15 minutes le matin et le soir, les gardiens attendaient que les autres prisonniers aient terminé la leur pour nous laisser sortir avec ceux qui avaient des maladies contagieuses. En plus, les plus folles de la cellule étaient collées aux grilles et aguichaient les autres prisonniers qui passaient devant notre cellule pour quémander des bisous, ils faisaient des propositions sexuelles en échange de cigarettes et répondaient aux insultes des mecs. C’était vraiment bizarre. En fait, chaque fois qu’il y avait une bagarre ou un problème dans la cellule, les gardiens laissaient faire sans prendre au sérieux un problème qui devait se régler entre les malades gays. C’était humiliant. Moi, ils m’ont toujours respecté parce que dès le départ, ça se voyait que je n’avais rien fait et que j’allais rester dans mon coin sans poser de problème. Je n’avais pas honte des autres gays et qu’importe ce que les autres prisonniers pensaient de moi ou des gays en général. Je pensais surtout sans cesse à la façon dont j’allais pouvoir sortir de là. 

 

 

S. Tu as fait 1 mois au lieu de 3. Quand l’as tu su ?

 

H. Après trois passages au tribunal,  j’ai été jugé et il me restait encore 10 jours à faire par rapport à la durée déjà effectuée. J’ai donc attendu, attendu… très impatient de sortir ! Cela a été extraordinaire. Ma mère était venue me chercher et déjà dans la rue, elle était au téléphone pour propager la bonne nouvelle. Je suis allé déjeuner avec elle et une très bonne amie, puis j’étais au hammam et sur mon lieu de travail où presque tous mes amis étaient réunis. Il ne m’a pas été possible de rester très longtemps car c’était trop de monde pour moi, et puis, cette histoire a changé complètement ma vie. Un mois était passé et je n’étais plus la même personne.

 

 

S. Justement après cette expérience, comment ta vie a évolué?

 

H. Cette expérience personnelle a été un choc et une prise de conscience sur le Maroc, de moi même et des gens qui m’entourent. Il faut vraiment être prudent. Du coup, je n’ai même pas Grindr, rien sur mon téléphone, j’ai détruit toutes mes photos et suis complétement parano… J’ai des papiers administratifs à faire et je n’arrive pas à aller au commissariat pour m’en occuper. Je flippe aussi dès que je vois des policiers à proximité ou une voiture de police qui passe. Même s’ils n’en ont pas le droit, les policiers pourront fouiller dans mon portable, ils ne trouveront rien. Avant j’assumais vraiment mon homosexualité et je n’avais pas du tout peur. C’était très « faites l’amour, pas la guerre » ! J’étais vraiment inconscient et je sortais beaucoup alors qu’il faut vraiment faire attention à ses fréquentations. La vie que j’avais avant était très superficielle et certains amis n’étaient là que dans les moments d’ivresse. Du coup, j’ai fait un gros tri dans mes amitiés et je fais désormais moins la fête mais ça ne veut pas dire que je sois triste…

 

 

S. Il y a eut aussi des déceptions par rapport à ceux qui t’on aidé et la pression à ton boulot.

 

H. J’ai été profondément déçu par ceux qui se sont cotisés pour payer mon avocat. Ils m’ont vite fait comprendre que j’étais redevable et que je devais beaucoup bosser pour les rembourser. Je trouve cela anormal, s’ils voulaient m’aider, il fallait le faire complétement. La boutique aussi était devenue insupportable, car tout le monde venait et me posait des questions sur l’affaire et la prison. J’ai tenu 6 mois. D’autres amis, plus anciens et que je voyais peu se sont montrés plus proches. C’est aujourd’hui avec eux que je fais de nouveaux projets professionnels.  Cette histoire m’a aussi beaucoup rapproché de ma mère. Elle savait pour mon homosexualité et l’acceptait mais nous n’en avions jamais parlé. Mon petit frère le sait également, mais on n’en a jamais parlé. Ils étaient là malgré les événements, c’est rare au Maroc que cela puisse être ainsi. 

 

 

S. Côté amour, est-ce que tu envisages sereinement de vivre une relation gay avec le risque que cela te fait courir ? Il y avait un autre prisonnier là car il avait été dénoncé par ses voisins.

 

H. Cela n’a rien changé dans ma tête au niveau de la sexualité. Je reste gay et l’assume à 10 000 %. Pour mon entourage, c’est à prendre ou à laisser. C’est juste rapport aux officiels, je fais beaucoup plus attention. Avant pour rencontrer quelqu’un je sortais souvent, c’était facile et j’avais deux ou trois mecs dans ma vie. Depuis la prison, il y a eu des flirts, mais je n’ai pas de petit copain. Même quand je suis en sortie, cela reste beaucoup du fantasme, je suis sur mes gardes. Je me rends compte, que cela fait un moment que je n’ai pas eu de relations sexuelles. En fait, je n’ai pas envie de coucher avec quelqu’un pour une nuit mais j’aimerais une vraie rencontre : quelqu’un qui a la même vision du monde et les mêmes ambitions que moi. C’est vraiment difficile au Maroc, car c’est l’endroit pour faire la fête des étrangers qui y viennent en vacances. Ces derniers prennent souvent les Marocains comme des putes…Il y en a beaucoup qui se font payer ou se font entretenir mais pour moi c’est inconcevable.

 

 

S. Aujourd’hui, Marrakech reste une destination prisée par les gays qui espèrent y trouver un havre de paix. Doivent-ils craindre la prison ?

 

H. Les gays doivent bien comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenues. L’étranger s’en sort habituellement parce qu’il va payer s’il se trouve dans une sale affaire et le Marocain se retrouvera seul avec la police. Il y a peu de descentes dans les bar ou seulement lorsque celui ci a trop de succès auprès des gays. Pour ma part, j’ai eu de la malchance sur l’arrestation où j’étais trop naïf, pris par l’angoisse, la peur par rapport à mon ami disparu et finalement assassiné. Du coup, je suis parti au commissariat sans me poser de question et les policiers ont profité de ce moment. Dans un temps normal, je ne partirai jamais les voir tout seul, je ne ramènerai pas mon téléphone ou alors j’effacerai tous les trucs un peu délicats qui y sont dessus. Le code pénal au Maroc est ainsi mais il n’est pas acceptable. Chacun pourrait devoir vivre sa vie et ne devrait pas pouvoir être condamné pour une orientation sexuelle. Cela m’a fait poser la question de ce que je fais ici. J’ai beaucoup d’émotion à évoquer toute cette affaire, mais j’en suis sorti, j’ai un boulot, des amis et ma famille. Beaucoup de jeunes comme moi quittent le Maroc pour l’Europe ou en Turquie où ils peuvent être libre. Pour ma part, je ne veux pas renier tout cela pour partir. Je suis et resterai gay à 10 000%. Je ne quitte pas le Maroc mais je vais contribuer à le faire changer.

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