Marrakech, la ville rouge à la réputation sulfureuse

La capitale touristique du royaume est une belle escapade. Une ambiance particulière, des visites intéressantes, le plaisir de séjourner dans l’un des nombreux riads de la médina et se perdre dans les souks pour y négocier LA découverte déco pour votre intérieur. Il y a aussi les Marocains, charmeurs et terriblement sexy, qui génèrent tant de fantasmes. La ville est devenue une véritable destination pour les LGBT alors que l’homosexualité y est illégale et que les gays locaux se cachent. Beaucoup d’abus en ont fait une destination sulfureuse voire dangereuse pour le touriste imprudent. Mais on n’est pas à l’abris d’une belle rencontre, d’une complicité soudaine et pourquoi pas réelle. Kech, comme la surnomme les branchés, peut vous séduire pour un week-end ou une vie. Mohamed (notre photo d'ouverture) nous accompagne en photo tout au long de cette découverte, un grand merci à lui qui s'est avéré précieux pour ses conseils. Merci également aux autres Marrakchis et touristes qui ont partagés leurs expériences et permis ce sujet. 

 

 

Quand y aller ? La ville se visite toute l’année mais il sera peut être bien d’éviter les fortes chaleur de juillet et août ainsi que la période de ramadan (mois de juillet en 2014). Par ailleurs, la ville est bondée de Français qui en ont fait une destination fétiche, donc éviter leurs périodes scolaires permettra d’être un peu plus au calme.

 

Ce qu'il faut voir. La ville n’est pas très grande et les principaux centres d’intérêts sont dans la médina (vieille ville) que l’on pourra visiter à pied. Tout commence par la place Jemma el-Fna qui où vous croiserez les arracheurs de dents, diseuses de bonne aventure, musiciens et autres conteurs. C’est folklorique ! Tombeaux Saadiens, palais de la Bahia, palais el Badii… pas mal de visites intéressantes ! Notre coup de cœur est sans aucun doute la Medersa Ben Youssef qui est la plus grande école coranique du Maghreb et le musée de Marrakech. En dehors des remparts dont vous pouvez faire le tour en calèche (cela se veut romantique ;-), il y a le jardin de la Ménara mais surtout la maison Majorelle et son jardin. C’était le lieu de villégiature et des plaisirs masculins d’Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé. Ce dernier y a installé un très beau musée d’Art Berbère, mais l’atout principal reste le jardin. La palmeraie, elle n’ayant plus sa splendeur est assez décevante…

Ce qu'il faut faire. Se balader dans les souks, accepter le fait d’être un portefeuille ambulant et se plier à la coutume de la négociation. Ils annoncent un prix et vous discutez jusqu’à obtenir la moitié du prix annoncé environ. Bien sûr, il faut commencer plus bas et palabrer. Les hammams font partie du mode de vie oriental et il y a forcément une réelle sensualité à voir les locaux papoter, se laver au savon noir, se faire un gommage de peau ou se faire masser. Les établissements publics seront souvent rustiques alors que les spa à touristes auront le charme de l’orient. Le Hammam Essalama, rue Al Madina, à côté du jardin Majorelle est référencé comme étant friendly, mais l’endroit est rustique et cela ne semble pas toujours être le cas. Faute d’un bel endroit friendly, choisissez en un sympa comme les 1001 nuits, certes trop touristique, mais qui aura du charme.

 

La gastronomie. Une cuisine savoureuse et épicée. Deux options. Populaire avec tajines, brochettes, kefta, couscous, salade marocaine, mais aussi des tête de moutons et des tripes. Cela vous coûtera quelques dirhams et sera délicieux ! J’ai adoré le stand aux escargots sur la place Jeema El-Fnaa (oui, c’est spécial !). Coup de cœur pour Chez Chegrouni et sa terrasse face à la mosquée Karbouch. Ou alors un resto plus chic, avec décoration ultra soignée, ambiance musicale forte, des plats sophistiqués et des prix qui vont de pair. Pourquoi pas Pepe Nero où Khalid vous reçoit dans l’ancienne demeure du pacha de Marrakech. Cours de cuisine possible dans les Jardins de la Médina qui séduit par sa gastronomie raffinée et son immense patio-jardin. De bonnes expériences en tous cas.

La vie nocturne. Soit vous restez sur la place Jeema el Fna, profitez des bars environnants et notamment le Café des Glaciers qui a une vue incroyable sur toute la place. Ce sera une ambiance populaire avec les marrakchies et des touristes. Ou alors, vous enfilez vos tenues griffées et partez à l’assaut des boites de nuit et restaurants branchés. Jet-setter, jeunesse dorée de kech, riches Casablancais ou Rabatis venus en escapade seront vos compagnons de soirée. Place de la Liberté à Guéliz, la réputation du Diamant Noir n’est plus à faire et vous y croiserez quelques gays même s'il n'est pas gay du tout. Etudiants, modèles, aspirant modèles et prostituées se trémoussent sur les dance-floors. Il y en a peut être un peu plus au Comptoir Darnar où se retrouvent hipsters étrangers et locaux. Et vous voilà à siroter des cocktails et danser sur les rythmes nord africains avec ce bel inconnu qui vous lançait de discrets regards enflammés. Le Djellabar semble aussi un lieu de rendez vous. C’est une plongée dans une déco pop-orientale très originale ! Citons aussi le Pacha Marrakech, ses 900 m2 de dance floor, sa piscine, ses restaurants et sa déco en cuir blanc qui en font LA boite de nuit de la ville. Enfin, à Ia Palmeraie, un très beau travelo brésilien animait la scène du Fuego Latino, un  restaurent  brésilien qui organise des dîners spectacle. Là aussi, quelques rencontres discrètes. Notons que les tarifs de ces établissements seront souvent ceux des grandes villes, c’est leur façon de faire une sélection à l’entrée.

Le sexe

Où se loger.

Pas mal de possibilités au cœur de la médina dans des riads restaurés avec des petits patios, jardins et fontaines. Ce n’est pas toujours facile d’accès mais ce sont de petits paradis au cœur de l’agitation de la ville. Sinon, il y a des hôtels plus grands et modernes avec piscine dans le quartier de l’Hivernage ou de Guéliz. Notez qu’il n’y a pas d’établissements affichés comme gay vu que l’homosexualité est interdite et que certains riads ayant été des repères sulfureux ont été fermés ou mis sous surveillance par les autorités. Lorsque nous avions l’annuaire d’établissements sur Ourakcha ancienne version, de nombreux établissements nous avaient demandé d’en être retirés car cela les mettait en danger.

Donc, même s’ils ne sont pas gays, il y a aujourd’hui de très beaux établissements dont les propriétaires sont gay et qui sont très friendly. Pascal et Pierre-Alain et leur très beau riad Nomade à deux pas de la place Djema-el-Fna ; Joel et Philippe et leur riad Karmela à l’entrée des souks ; Olivier et son romantique Dar Najat ; Jean-Christophe et son friendly riad Dar Lyna où vous pourrez profiter d'un hammam, massages et soins du corps sur place ; Philippe & Bernard au Riad Menzeh installé dans une ancienne maison du pacha ; Stuart et Neil, des londoniens et leur Dar Soulahfa ; Thierry et son très design Riad l’Empire… ou loin de l’agitation de la ville et avec une très belle piscine, la Maison des Oliviers. Quelques beaux hôtels comme le Palais Namaskar, Dar Sabra, Palais Paysan ou le Beldy country club.  Enfin, vous trouverez de belles chambres sur le site Ebab à partir de 50 euros la nuitée.

Normalement, vous ne pouvez pas recevoir de Marocains dans votre chambre, mais certains établissements friendly ferment les yeux si vous le demandez. De même, les grands hôtels sont moins regardants également.

Dans les environs. La vallée de l’Ourika peuplée de tribus berbères est une bonne escapade d’une journée. La cascade d’Ouzoud à 170 km dans le Moyen Atlas est la plus haute du Maroc et un très beau site également. Sinon la petite ville portuaire d’Essaouira, qui est classée au patrimoine mondial de l’Unesco, permet une escapade plus longue. Une belle plage, des remparts roses contenant une médina animée, des façades blanchies à la chaux et même l'Auberge Tangaro, une guesthouse gay friendly avec un Spa.

 

Comment s’organiser. Prendre un billet d’avion sur n’importe quel moteur de recherche et réserver votre hébergement directement via leur site internet. Sur place, tout est à proximité et sera simple à organiser.

 

 

Pour aller plus loin.

 

Ecouter l'interview de l'écrivain marocain Abdellah Taïa, à l'occasion de la sortie de sont film "L'armée du salut". C'est un des premiers écrivains marocains à affirmer publiquement son homosexualité. Beaucoup de sensibilité et vraiment très intéressant pour mieux comprendre la situation des homosexuels sur place. Podcast en ligne sur RTS.

Notre Bavardage avec Hamid qui était un jeune gay qui s’assumait pleinement jusqu’à ce que la mort d’un de ses amis gay le conduise à un commissariat puis à la case prison à cause de sa seule homosexualité. Etre gay au Maroc est interdit et les policiers font du zèle. Hamid revient sur cet événement, témoigne pour passer à autre chose, contre un code pénal et un système qui oppresse les gays. Bavardage avec Hamid qui nous ouvre les yeux >>

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