Sexe à Marrakech

Si le rapport au sexe est compliqué au Maroc, pour les gays mais même les hétéro, c’est encore pire à Marrakech. Il faut dire que les hordes de touristes en quête de tourisme sexuel ont complètement dévoyés la ville rouge.

 

 

Dans la société marocaine, les femmes ne se donneront pas avant le mariage afin de ne pas se gâcher et jeter la honte sur sa famille. Ceci est encore très respecté. Alors vu que les hommes ont des envies, il faut bien qu’elles se passent et cela va se faire avec un autre homme, mais il ne s’agit pas d’homosexualité. Juste un service rendu entre potes ! Ou avec un mec passif qui aime ça, un de ces mecs efféminés qu’ils détestent souvent, mais qui est bien utile à ce moment là. Il y a donc des hétéros accessibles aux gays.

 

La machine à fantasme commence souvent là pour le touriste : cette complicité masculine entre vrais mecs, ces petits échanges de service, cette sensualité très présente au hammam et dont il sera le témoin excité ou mieux, dont il profitera… Et puis, il y a aussi ces beautés maghrébines en grand nombre, qui ne sont pas souvent accessibles dans son quartier et qui ont un véritable attrait.

 

Un marché s’est ainsi installé avec beaucoup de perversité. Arrivée à Kech, des rabatteurs vous aborderont pour vous proposer un guide pour la visite du quartier des tanneurs mais aussi des femmes, des hommes ou… des enfants ! Pas de tabou tant que c’est discret, tout est possible et achetable. Toutes les prostitutions du pays semblent s’être réunies dans la ville et les touristes se sont donnés le mot. Certes il y a l’argent qui corrompt, mais vu que le business a longtemps été toléré, il n’a fait que s’amplifier. Soulignons le travail important de l’Ecpat pour la protection des enfants.

Les vrais homosexuels sont les grands perdants dans l’histoire. Les locaux tout d’abord, que la société marocaine n’accepte pas, et que la confusion homosexualité / pédophilie / prostitution dessert. Les touristes également puisqu’il se retrouvera face aux sollicitations de vrais homosexuels, prostitués honnêtes et de ceux qui sont là pour les piéger et les racketter. Ils sont une proie facile et sans recours. En effet,  l’homosexualité est illégale, passible de peine de prison de 6 mois à 3 ans ainsi que d’amendes. Ce n’est pas au commissariat qu’ils iront trouver du réconfort !

 

Déjà, il faudra éviter les rabatteurs de la place Jeema El Fnaa ou du jardin de la Koutoubia. Certes, cela grouille de mecs dans le jardin et les mains sont baladeuses, mais en extérieur, le risque est trop fort de tomber sur de faux gays pickpockets et racketeurs. Il est peut être moins important dans les bars et boîtes, mais cela arrive même à des locaux d’être piégés. L’un d’entre eux me racontait l’histoire de ce médecin suivant un jeune noir chez lui et qui une fois chez lui, se rend compte qu’il y en a 3 autres, ces derniers le violent puis le prennent en photo avec une fillette pour le faire chanter. Pour lui tout un réseau de blacks est installé à Kech et s’avère plus retors que les Marocains.

 

L’approche la plus prudente, semble être internet ou les applis comme Grinder ou Hornet, et de longs bavardages pour prendre confiance. Certains profils, conscient du problème, se positionnent d’emblée comme « sérieux » ou affichent un rigolard «  pas d’arnakech ». Le côté relativement anonyme des échanges les rendent plus libérés et vous ne manquerez pas de messages alors que les bavardages au bar sont plus laborieux. Le niveau de français et l’approche de votre contact sont déterminants pour détecter un piège éventuel. Autant dire que certains prostitués majeurs sont honnêtes et annoncent d’emblée la couleur et les tarifs. C’est de 20 à 100 euros l’heure de plaisir. Ils sont parfois masseurs mais répondent naturellement qu’ils pourront masser nu et faire beaucoup plus qu’un simple massage. Si rien ne vous semble inquiétant, vous pouvez vous lancer.

Reste à régler le problème du lieu puisqu’une loi interdit à tout individu non Marocain d’inviter qu’une dans sa chambre un Marocain. Votre riad s’il est tenu par un occidental fermera souvent les yeux, il suffit de demander au préalable. Sinon, les grands hôtels sont également moins regardants… Il reste l’option appartement sur ebab qui vous laisse une grande liberté mais aussi un peu seul face à un éventuel problème.

 

Afin de terminer le tableau, précisons, qu’il y a bien sûr de vrais gays, qui ressentent un vrai désir et qui vont chercher de vrais relations ou des amours de passage. S’ils osent se l’avouer et l’assumer, ils n’iront pas jusqu’à jeter la honte sur leur famille, mais gérerons souvent au mieux cette double vie. Tant qu’ils ne sont pas efféminés, c’est jouable ! Ils se retrouvent en groupe d’amis de façon très discrète. Ces groupes sont quasi impossibles à intégrer pour un touriste, et peuvent aussi dériver en consommation étrange. Un habitué s’exaspère de voir que les soirées se résument trop souvent en échange des photos, numéros et tarifs des rencontres de la semaine. Car les bons plans se partagent, c’est la tradition et tout le monde semble se connaître à Kech. Enfin, ceux qui ont les moyens et pas de soucis avec leur visa vont passer le week-end en Espagne où ils peuvent s’assumer en toute liberté.

 

Voilà la situation de Kech par rapport au sexe et aux gays. Elle n’est pas simple. De plus, le printemps arabe avait donné à la communauté locale l’espoir d’une certaine libéralisation par le roi Mohammed VI, mais les élections de novembre 2013 et l’arrivée des islamistes au pouvoir ne va pas permettre d’aller dans ce sens. Leur situation sur place devrait malheureusement se dégrader et ce qui se passe à dans la ville rouge leur donne des arguments pour imposer encore plus de fermeté.

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